La compagnie

//HYPERBOLE : Figure de style consistant à exagérer l'expression de sa pensée. Dans la littérature, l'hyperbole est utilisée pour créer un style emphatique, c'est à dire grandiose (on dira "grandiloquent" si on estime cette solennité outrancière). L'hyperbole abonde dans les oeuvres de tonalité épique et chaque fois que l'auteur veut grossir les faits, grandir un personnage, provoquer chez le lecteur un effet d'admiration, d'enthousiasme ou de crainte.

Créée en décembre 2000 dans le Nord de la France (à Boulogne-sur-mer), la compagnie de l’hyperbole à trois poils (H3P) est née d’un désir intense de théâtre et de partage. Pouvoir jouer partout, démocratiser l’art dramatique, rendre accessible à tous de grands classiques comme de grands contemporains, tels ont été nos objectifs pendant dix ans. Sur le sol carrelé des réfectoires, dans les gymnases, mais aussi sur les places de village et dans les théâtres bien sûr. Nous avons tout fait pour activer la plus noble des décentralisations théâtrales, celle qui touche ceux qui ne vont jamais au théâtre, celle des petites villes et des campagnes, des salles des fêtes…

Dans « Love’s labour’s lost » (Peines d’amour perdues), de Shakespeare, Biron parle d’hyperbole à trois poils :
Biron : Three-pil’d hyperboles, spruce affectation, figures pedantical : these summer-flies have blown me full of maggot ostentation. (Hyperboles à trois poils, précieuse affectation, et figures pédantes : ces mouches d’été m’ont pourri d’asticots et boursouflé de vanité.)

« Toute pensée peut prendre corps dans le théâtre et le théâtre contient l’humanité du monde : l’amour, la révolte, l’humour, la beauté, l’horreur… La représentation théâtrale offre une qualité d’expression unique et inégalée. Elle permet un rapport direct, d’échange immédiat avec le public. Le temps d’une représentation, deux mondes peuvent se rencontrer, se jauger, se frotter, influer l’un sur l’autre et se nourrir de cette expérience unique. L’art vivant me procure une dimension d’échange intense avec les autres. Par le théâtre, je peux être subversif, tendre ou corrosif, partager mon goût pour la poésie, qui est, à mon sens, la seule forme possible de liberté. Mon ambition a été, pendant dix ans de faire aimer le théâtre aux gens. »

Nicolas Ducron